Depuis environ 3.000km je teste un afficheur AFR sur une de mes voitures. Un AFR (Air Fuel Ratio) ou "afficheur lambda" ou "indicateur de richesse" est un cadran qui se branche sur la sonde lambda et qui affiche en temps réel sous forme graphique et sous forme chiffrée la richesse du mélange air/carburant.
L'affichage graphique est une série de LED de couleur (rouge pour un mélange pauvre, orange pour un mélange proche du rapport stoechiométrique (14,5) et vert pour un mélange riche).
L'affichage numérique indique simplement le rapport air/carburant (14,5 = 1 gramme de carburant pour 14,5 grammes d'air). Plus le chiffre est bas, plus le mélange est riche.
Exemple :

Après une dizaine de pleins de LPG, voici mes constatations :
- Il existe un lien évident entre les données de l'AFR et la "qualité" du LPG.
- Les performances du moteur sont étroitement liées à la richesse.
- Avec les "mauvais" gaz, la richesse varie entre 15 et 20 à faible charge, vers 14-15 à charge moyenne et vers 13-14 à pleine charge. Avec les "bons" gaz, la richesse varie entre 14-15 à faible charge, vers 13-14 à charge moyenne et vers 12-13 à pleine charge. (*)
- Avec les "mauvais" gaz la richesse est peu stable, les oscillations sont fortes et se produisent sans raison (accélérateur immobile et pas de variation de charge). Avec les "bons" gaz la richesse est stable et varie peu.
- Les performances sont maximales à environ 12. Si le mélange est plus riche que 12, les performances se dégradent légèrement. (*)
- Les meilleurs gaz sont ceux avec lesquels l'AFR se comporte exactement comme à l'essence.
- Lors du passage d'un "bon" à un "mauvais" gaz, l'auto-adaptation du calculateur d'injection a besoin de beaucoup de temps pour compenser (entre 100 et 200km) et la compensation n'est que partielle. Lors du passage d'un "mauvais" à un "bon" gaz, l'auto-adaptation est beaucoup plus rapide (quelques dizaines de km).
- En cas de changement de gaz, les différences de comportement (de l'AFR et de la voiture) se manifestent quasi immédiatement (moins de 2 km).
(*) : chiffres relevés sur un moteur VOLVO turbo intercooler équipé d'un système à injection séquentielle gazeuse BIGAS de type SGIS. Il est possible que ces chiffres soient légèrement différents sur un moteur atmosphérique et/ou avec un système LPG différent.
Tout ça n'explique toujours pas pourquoi certains gaz sont meilleurs que d'autres mais au moins cela donne une mesure plus palpable et plus objective de ces variations de qualité.
Et toutes ces constations me poussent à quelques réflexions :
- On sait qu'un mélange pauvre est mauvais pour le moteur et provoque une assez forte augmentation de la température au niveau de la chambre de combustion et des soupapes d'échappement. Certains problèmes de casse mécanique au LPG ne sont-ils pas provoqués par un gaz de moins bonne qualité qui provoque un mélange trop pauvre ???
- Pourquoi le calculateur d'injection qui utilise les données de la sonde lambda n'arrive-t-il pas à compenser totalement les variations de qualité de gaz ???
- Ne faudrait-il pas faire le calibrage du système LPG avec un "mauvais" gaz pour assurer un fonctionnement plus sûr et plus performant avec tous les gaz (quitte à rouler trop riche lorsqu'on a un "bon" gaz) ???
- Ne serait-il pas bien d'avoir 2 calibrages différents sur les systèmes LPG et un interrupteur pour passer d'un à l'autre (une position "bon" gaz et une position "mauvais" gaz) ???